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La lavande, un eldorado qui fleure bon la prospérité
05.08.2019 – Le rêve d'une prospérité retrouvée pour des centaines de paysans français.
(ATS/AGIR) - Après avoir dépéri pendant des années à cause d'une maladie bactérienne, la lavande française a retrouvé depuis quelques temps un essor, provoqué par l'explosion de l'aromathérapie. Les plantes à parfum (PPAM, plantes à parfum, aromatiques et médicinales), dont elle représente une large part, sont "la seule culture en France qui voit ses surfaces augmenter", déclare Laurent Quadrio, de la chambre d'agriculture de la Drôme.
Si elles ne représentent encore qu'un petit lopin de terre à l'échelle de l'agriculture française et de ses millions d'hectares, elles sont passées entre 2010 et 2016 de 38.000 à 53.000 hectares, soit une augmentation de 40% environ, là où les autres cultures subissent l'urbanisation des terres. En dix ans, la France est ainsi passée de 1000 à environ 1400 producteurs et compte 120 distilleries.
"Aujourd'hui, c'est une filière qui nourrit son homme et permet d'installer des jeunes. Il faut que le marché se développe à la même cadence. Chaque année, on dit que ça va se calmer, mais ça ne se calme pas", explique Alain Aubanel, président du comité interprofessionnel des huiles essentielles françaises (Cihef).
Si l'huile essentielle de lavande fine, produit noble destiné à la parfumerie, à l'aromathérapie et à la cosmétique, se vend à des prix stables, entre 100 et 150 euros le kilo, l'huile essentielle de lavandin, destinée aux savons et produits détergents, se vendait l'an dernier entre 28 et 40 euros le kilo soit une hausse de 20% par rapport à l'année précédente et 30% sur cinq ans, selon Alain Aubanel.
Cependant, la Bulgarie, qui a ravi à la France il y a quelques années son rang de leader mondial de la lavande traditionnelle, annonce une production historique d'huile essentielle. "La Bulgarie va nous sortir cette année 600 tonnes, contre 250 à 300 tonnes l'année passée. Nous, c'est 120 tonnes", déclare Alain Aubanel. "On ne joue pas dans la même cour, se rassure-t-il toutefois. "Les grandes maisons françaises, Dior, Chanel, Guerlain, L'occitane, L'Oréal, Yves Rocher, achètent de la lavande française", affirme le président du comité interprofessionnel des huiles essentielles françaises.
Pour M. Aubanel, le principal frein au développement, c'est la réglementation: "Elle nous impose de choisir un usage pour l'étiquetage du flacon", déplore-t-il. "Moi, quand je vends un flacon d'huile essentielle, je ne sais pas ce que va en faire mon client. Par contre, si j'étiquette +arôme alimentaire+, la seule chose que j'ai le droit de lui dire, c'est +vous pouvez le mettre dans la salade+", explique Alain Aubanel, qui craint des sanctions de la répression des fraudes. "Aujourd'hui, le consommateur veut du naturel, mais la règlementation fait qu'il est beaucoup plus facile d'utiliser un produit de synthèse", conclut-il.
Auteur : ATS/AGIR