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Le canton du Valais veut améliorer la qualité de ses eaux
18.06.2019 – Un projet pilote lancé en 2018 dans le vignoble du bassin versant de la Lienne, entre Saint-Léonard et Uvrier, a permis de faire baisser d'environ 70% les produits phytosanitaires déversés dans le Rhône.
(ATS/AGIR) - "En Romandie, un million de personnes boivent de l'eau qui se déverse dans le Léman. La qualité de celle-ci est donc de notre responsabilité", a rappelé Christophe Darbellay aujourd’hui devant la presse. Le chef du Département valaisan de l'économie et de la formation ne défend pas la volonté de créer une loi cantonale pour interdire les produits phytosanitaires. "Si une telle décision doit être prise, elle devra l'être au niveau national."
Les autorités cantonales veulent réduire à 0,1 microgramme par litre la quantité de produits résiduels, ce qui permettra de respecter la nouvelle norme fixée par la Loi fédérale sur la protection des eaux. Entre 2017, l'année de base de l'étude, et l'an dernier, la quantité de produits résiduels est passée de 0,5 à 0,15 microgramme par litre, soit 1,5 molécule sur un million. Ces chiffres peuvent toutefois partiellement varier en cas de fortes précipitations.
"On retrouve encore beaucoup de produits phytosanitaires dans les affluents de la Lienne", admet Marc Bernard du Service valaisan de l'environnement. "Les améliorations sont cependant évidentes, tant au niveau des fongicides que des herbicides (ndlr: dont le très critiqué glyphosate), bien qu'encore supérieur à 0,1 microgramme."
En 2018 et pour une période de six ans, le service de l'agriculture, en collaboration avec celui de l'environnement, a lancé un projet basé sur le volontariat. Celui-ci durera six ans et concerne un périmètre de 1130 hectares. "La région de la Lienne avec ses bisses et ses nombreux cours d'eau a été choisie parce que très intensive en matière d'arboriculture et de viticulture", rappelle le Conseiller d'état en charge du projet, Christophe Darbellay.
Plusieurs mesures ont été listées afin d'être concrètement mises en oeuvre. Cela va de la réduction ou l'abandon des pesticides ou l'installation de cuves de rinçage pour les pulvérisateurs à la création de bandes herbeuses le long de zones sensibles, à la plantation de cépages résistants ou à l'aménagement de haies anti-dérives. Une dizaine de viticulteurs prennent part à cette démarche depuis ses débuts. Dix autres soutiennent le projet depuis le début de l'année. Un montant d'un million de francs a été alloué à ce projet. Le 20% est à la charge du canton, le solde étant payé par l'Office fédéral de l'agriculture (OFAG). Pour l'heure, seuls 25'000 francs ont été dépensés.
Auteur : ATS/AGIR