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Recul du tourisme d’achat pour la viande
09.08.2019 – La tendance à la baisse de l’année dernière s’est poursuivie au premier semestre 2019, informe l'OFAG.
(AGIR/SP) - La part des achats faits à l’étranger a baissé tant dans le cas de la viande fraîche que dans celui des produits transformés à base de viande. Sur 100 kilogrammes de viande fraîche achetés dans le commerce de détail, 4 l’ont été à l’étranger. S’agissant des produits de charcuterie, le chiffre est nettement plus bas: sur 100 kilogrammes, environ 1,6 kilogramme est acheté à l’étranger. Le recul des achats faits à l’étranger est donc plus marqué pour la charcuterie (-0,8 point depuis le 1er semestre 2017, passant à 1,6 % pendant le 1er semestre 2019) que pour la viande fraîche, où la part a baissé de 0,6 point, passant à 4,0 %, informe l’OFAG dans le bulletin du marché de la viande de juillet.
Dans le détail, la viande de veau présente, avec une valeur de 7,5 %, la part la plus élevée d’achats faits à l’étranger (produits de niche comme les viandes de canard et de lapin non inclus). Elle est cependant négligeable en termes de quantités. Lors des achats à l’étranger, ce sont avant tout les viandes de porc et de boeuf qui sont demandées. La part des achats faits à l’étranger a, au cours des trois dernières années, régulièrement reculé dans le cas de la viande de porc fraîche, pour se situer actuellement à 5,0 %. Cette évolution s’explique par une diminution continuelle des achats de morceaux prisés tels que le filet, l’escalope et le rôti.
S’agissant du boeuf, les quantités de morceaux de choix achetées à l’étranger ont aussi été inférieures à celles achetées en Suisse. Les achats de viande de poulet ont légèrement augmenté, pour atteindre actuellement 2,8 %, essentiellement du fait de l’accroissement des achats de morceaux de poitrine et de nuggets.
La part quantitative des achats faits à l’étranger est, dans le cas des produits transformés à base de viande, nettement plus faible. Cela est dû au fait que les produits transformés à base de viande d’origine indigène ont, au plan culturel et régional, souvent une plus grande importance que la viande fraîche (p. ex. les terrines et le saucisson en Suisse romande et le cervelas en Suisse alémanique). Ces spécialités ne sont en outre pratiquement pas disponibles à l’étranger (p. ex. le cervelas).
Diverses raisons expliquent que la population suisse fasse des achats dans les régions frontalières. Par exemple, le niveau de prix y est souvent plus bas à l’étranger par rapport aux produits suisses. La taxe sur la valeur ajoutée étrangère peut être remboursée, ce qui rend les achats encore moins coûteux. L’offre de produits est en partie différente de celle de Suisse. De plus, les trajets vers les centres commerciaux étrangers sont comparativement courts pour les habitants des régions frontalières, note le bulletin.
Actualités du marché
Le bilan du premier semestre 2019 dans la production animale montre, par rapport à la même période de l’année précédente, une nette baisse de la production de viande de porc (-7,2 %). Le veau (-3,1 %) et le boeuf (-0,9 %) ont aussi enregistré un recul. La production de viande de mouton et d’agneau a par contre augmenté (+7,7 %).
En mai 2019, la production de viande de poulet a reculé de 0,9 % par rapport à la même période de l’année précédente.
En juin 2019, les prix moyens à la production (QM/Label/Bio) pour le gros bétail d’étal et les porcs de boucherie se sont maintenus au niveau du mois précédent. Une augmentation de prix a été constatée par rapport à l’année précédente. L’inverse est vrai sur le marché des veaux de boucherie, où les prix à la production ont baissé de plus de 10 % par rapport à juin 2018. Durant la même période, la valeur ajoutée brute liée à la commercialisation de viande de porc fraîche dans le commerce de détail suisse est redescendue au niveau du mois d’avril, mais était encore toujours supérieure au niveau de l’année précédente. Les baisses de prix dans le commerce de détail sont l’une des raisons de ce recul.
Auteur : AGIR/SP