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Des chercheurs de l'Université de Genève (UNIGE) ont découvert l'existence d'une relation forte entre les interactions sociales et les choix alimentaires
07.06.2019 – Les résultats de ces recherches font l'objet d'une publication dans la revue Science.
(ATS/AGIR) - C'est en étudiant les mécanismes neurobiologiques impliqués dans les choix alimentaires de rongeurs que les scientifiques ont identifié l'influence importante et durable que peuvent avoir les congénères sur la manière de se nourrir, relève aujourd’hui l'UNIGE.
Il existe une transmission sociale d'une référence alimentaire.
Pour mettre en évidence ce lien, les chercheurs ont pris deux souris. Généralement, ces animaux, dans la nature, apprécient beaucoup plus le thym que le cumin. Une des souris a donc été éduquée à manger du cumin. Elle a ensuite été mise en relation avec l'autre rongeur, qui a un statut d'observateur. Vingt-quatre heures plus tard, deux repas ont été présentés à la souris observatrice. L'un au thym, l'autre au cumin. La souris a alors signifié un goût et un intérêt importants pour le cumin, ce qui montre, selon l'UNIGE, que l'information entre les deux animaux a été transmise "efficacement et durablement".
Cette mémoire relève d'une modification en profondeur des connexions neuronales de circuits impliqués dans le choix des aliments, explique l'UNIGE. Ces modifications sont provoquées par le lien entre les stimuli sensoriels, dans ce cas, l'odeur du cumin, et les contacts sociaux.
Ce mécanisme semble déficient chez les personnes souffrant de troubles autistiques. Il pourrait, note l'UNIGE, expliquer en partie les difficultés sociales auxquelles ces gens sont confrontés. Les informations transmises par les pairs seraient mal intégrées dans le cortex préfrontal, compliquant l'interprétation des stimuli externes.
Auteur : ATS/AGIR