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En Suisse comme en Allemagne, la viande tient une place importante parmi les denrées alimentaires
10.05.2019 – Le consommateur suisse achète des morceaux plus nobles et plus chers que son homologue allemand, précise l’Office fédéral de l’agriculture (OFAG) dans le bulletin du marché d’avril.
(AGIR/SP) - Les enquêtes menées auprès des ménages en 2013 ont montré que la viande représentait 22,3 % des dépenses des Suisses pour les denrées alimentaires et les boissons non alcoolisées, contre 19,5 % pour les Allemands. Si les Suisses mangent beaucoup moins de viande que les Allemands (51,1 kg par individu contre 60,1 kg), ils dépensent cependant deux fois plus pour cette denrée que leurs voisins du nord. La différence de prix, note l’OFAG, n’est pourtant que l’un des éléments de réponse à ce phénomène, explique le bulletin.
Les produits à base de viande étant notoirement moins chers en Allemagne qu’en Suisse, cela explique en partie le tourisme d’achats entre les deux pays. La présente analyse étudie aussi, dans les deux pays, l’influence des habitudes d’achat des ménages sur les prix d’un ensemble de produits à base de viande et sur la différence de prix entre la Suisse et l’Allemagne.
Sur l’ensemble des denrées considérées, le produit de loin le plus fréquemment acheté en Suisse est le hachis de boeuf (24,8 %), alors qu’il est plus rarement consommé en Allemagne. En revanche, la viande hachée mixte est nettement plus appréciée des ménages allemands que des ménages suisses. L’OFAG note par ailleurs que les six produits préférés en Suisse représentent environ 60 % des actes d’achat, tandis que du côté allemand, ces mêmes produits totalisent 50 % des actes d’achat.
Les prix des produits du panier sont pondérés en fonction de la fréquence des actes d’achat. Les produits où la différence est la plus faible sont le blanc de poulet et le filet de dinde, des denrées caractérisées, dans le commerce de détail suisse, par une forte proportion de marchandises d’importation bon marché. Relevons par ailleurs que la différence de prix relative est beaucoup plus faible dans les morceaux de second choix comme le ragoût et la viande hachée que dans les morceaux nobles tels que le filet, le steak ou l’escalope.
Les prix de la viande fraîche composant le panier type ont été pondérés en fonction des fréquences relatives des achats. Les paniers composés selon cette méthode sont au nombre de quatre : deux paniers basés sur les habitudes d’achat suisses, l’un avec des prix suisses, l’autre avec des prix allemands ; et deux paniers basés sur les habitudes d’achat allemandes, l’un avec des prix suisses, l’autre avec des prix allemands.
Les paniers représentatifs des habitudes d’achat révèlent que le coût au kilo est plus faible pour le consommateur allemand que pour le consommateur suisse. En changeant leur comportement, les consommateurs suisses diminueraient de 3.40 fr. le montant de leurs achats de viande fraîche, qui passerait de 19.50 à 16.10 fr./kg, soit une baisse de 17,1 %. À l’inverse, les ménages allemands dépenseraient environ 1.4 fr./kg, soit 15,9 %, de plus s’ils avaient les mêmes habitudes que les consommateurs suisses, en grande partie en raison des achats plus importants de viande fraîche dans un segment de prix élevé en Suisse.
Il en ressort que la demande des consommateurs suisses contribue aussi à l’accroissement des dépenses engagées pour l’achat de produits à base de viande par rapport à l’étranger. Il faudra dorénavant davantage tenir compte des habitudes d’achat des ménages lors de la comparaison des paniers types avec ceux d’autres pays, conclut l’étude.
Auteur : AGIR/SP